Résultats du premier semestre à France Télécom-Orange La direction de France Télécom tente le grand écart.
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- Créé le vendredi 29 juillet 2011 07:25
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Résultats du premier semestre à France Télécom-Orange
La direction de France Télécom tente le grand écart.
France Télécom vient de publier les comptes du premier semestre. Le contexte dans lequel évolue l'entreprise reste difficile : crise économique et financière, environnement fortement concurrentiel et arrivée d'un quatrième opérateur mobile en France amenant des dépenses commerciales très fortes, moindre croissance dans les pays émergents liée en grande partie à la situation en Egypte et en Côte d'Ivoire...
Le chiffre d'affaires (22 569 millions d'euros) recule de 1,3% à base comparable et la marge d'Ebitda (7 613 millions) de 5,5% à un moment où les investissements sont nécessaires et ne peuvent plus être reculés (ils sont de 2 469 millions d'euros, en progression de 10,6% par rapport à la même période de 2010, et représentent 10,9% du chiffre d'affaires réalisé). Pendant ce temps là les autorités de régulation organisent une concurrence toujours plus vive. Les opérateurs ne peuvent pas assurer leur rentabilité en faisant les investissements nécessaires, et bien tant pis !
• Attendre que ça passe ?
La direction tente de convaincre les marchés financiers qu'il suffit d'attendre que ça passe. Toute la communication aux investisseurs vise à dire qu'il faut regarder les résultats sur 5 ans plutôt que sur 3 mois, que la croissance va revenir en France et dans le secteur entreprises à partir de 2013. Mais pour remporter la conviction, on reprend d'anciennes méthodes : engagement sur le versement de dividendes, (y compris nouveau versement anticipé en septembre d'un acompte), engagement sur le reversement du produit des cessions et plan de "performance" autrement dit de réduction des coûts. Là où Thierry Breton et Didier Lombard ont fait des suppressions d'emploi avec des "revues de personnel" pour voir qui était en trop dans les services, Stéphane Richard pratique la revue d'actifs. Orange Suisse va être cédée et cela risque de ne pas être la seule filiale, tout sera regardé et pas seulement en Europe. L'objectif est clairement de se séparer de filiales jugées peu rentables et aussi de rétrocéder une partie de la vente de ces entreprises à des actionnaires qu'il est nécessaire de fidéliser. Qui va racheter ? Des opérateurs qui seront dans la même situation qu'Orange ou des fonds d'investissements ? Les salarié-e-s suisses risquent de faire les frais de l'opération.
• Un discours qui se veut rassurant
• En France, en dépit des assurances de la direction sur l'emploi, des mesures d'économie sont annoncées : filière achat en commun (joint venture) avec DT, réorganisation du siège, réflexions sur la RetD, conséquences à venir de la réorganisation France. En Pologne, les restructurations continuent, en Côte d'Ivoire des emplois sont supprimés (volontaires dit-on) pourtant en pleine reconstruction de l'activité dans le pays, au Kenya ce sont des licenciements secs. La direction disait que l'entreprise devait être mieux insérée dans les sociétés civiles après les révolutions en Tunisie et en Egypte... Le discours se veut rassurant pour tout le monde : pour les clients (vous aurez les investissements pour la fibre et la 4G), les salarié-e-s (vous aurez des actions gratuites) et les investisseurs (vous aurez le beurre et l'argent du beurre : les dividendes et le retour des ventes réalisées lors des cessions d'actifs). La satisfaction de tous va pourtant être difficile.
• Renverser les priorités !
• Pour la fédération SUD, il faudrait renverser les priorités : le secteur des télécommunication est plein de promesses de nouvelles activités et de nouveaux services, France Télécom a des activités qui se développent dans tous les pays du groupe. L'entreprise a fait le choix d'être présente dans de très nombreux pays, se retirer maintenant risque d'avoir des conséquences qui pourraient être parfois très graves. Il faut lever le nez du guidon de la rentabilité pour l'actionnaire : assurer les investissements sur le réseau, contribuer au développement des services de télécommunication au service des populations partout où l'entreprise a décidé d'être présente et reconnaître la part qui doit revenir à ceux et celles qui travaillent par une politique salariale, de reconnaissance des qualifications et d'emploi.







